Odi Meyi est le quatrième des seize Odus majeurs — Abímbọ́lá consigne cet ordre d'ancienneté (p. 29), et le signe trace un trait simple entre deux doubles. Le Tratado Enciclopédico de Ifá ouvre l'entrée par un portrait qui annonce déjà le problème : au ciel, Odi Meyi était plus connu pour son humeur belliqueuse que pour son sacerdoce. Prêtre habile d'Ifá, certes — mais le temps qu'il aurait dû consacrer à la divination passait tout entier à défier les divinités les plus fortes du ciel dans des combats qu'il gagnait toujours.
Personne ne l'a abattu par la force. C'est la ruse d'un rival — aidée par l'honnêteté des propres filles d'Odi, que la loi du ciel obligea à trahir leur père pour protéger un hôte — qui mit fin à son invincibilité et l'envoya sur la Terre. Et là, le même Odi qui décapitait des dieux à neuf têtes dut apprendre une chose qu'il n'avait jamais sue : que personne ne gagne tout seul.
Cette étude lit trois patakís du Tratado qui parlent d'une même chose : la force qui ne reconnaît aucune limite isole ; ce qui sauve, ce n'est pas de vaincre seul — c'est ce que l'on reçoit de l'autre, même quand cet autre est un ennemi, une fille ou un étranger aussi brisé que vous.
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