Les patakís : la mort ne se vainc pas — elle se négocie
Trois histoires de l'entrée de Baba Oyekun : la faim d'Ikú, la calebasse à la porte et les honneurs funèbres nés dans ce signe.
La seule divinité qui se réjouit
Le patakí qui ouvre l'entrée de Baba Oyekun dans le Tratado (pp. 349–351) raconte que, lorsque l'homme fut créé, la Mort fut la seule divinité à se réjouir : là où les autres voyaient un serviteur, elle voyait de la nourriture. Et aucun sacrifice ne pouvait détourner son attention — la chair humaine était la seule chose qui satisfaisait son appétit. Le chemin qu'Orunmila révéla passe par le principe qui organise tout dans cet Odu : la meilleure façon de se protéger d'une divinité hostile est de lui offrir ce qui lui est interdit — et seul Orunmila, témoin de la création, sait ce qui est interdit à chaque divinité. Les hommes mangèrent devant elle de l'igname pilée mêlée de petits cailloux, en crachant les pierres qu'elle ramassa et goûta : des créatures qui mangent de la pierre font peur. Et un son que la Mort a interdiction d'entendre la mit en fuite. La conclusion est froide : à partir de ce jour, empêchée d'attaquer directement, la Mort se mit à venir par des intermédiaires. Le patakí ne promet pas la fin de la mort — il promet que la mort prématurée a une adresse, et que l'adresse peut être changée.
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