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La langue lucumí : un yoruba figé dans le rituel

Pourquoi les noms sonnent différemment : élision des voyelles, orthographe espagnole, et les noms d'Odu qui ne se déduisent pas.

Une langue liturgique, pas une langue parlée

Le lucumí est le yoruba qui a traversé l'Atlantique et s'est figé dans le rituel. Personne ne converse en lucumí ; on prie, on chante et on nomme en lucumí. Sans locuteurs natifs pour la renouveler, la langue est restée conservée comme dans l'ambre — un yoruba du XIXe siècle, entendu par des générations de Cubains hispanophones et réécrit avec l'orthographe de l'espagnol.

De là viennent les différences systématiques que vous rencontrez sur ce site :

  • Orthographe espagnole : ọ̀ṣun → Oshún ; ṣàngó → Changó/Shangó. L'espagnol n'a pas les signes du yoruba, il s'est donc adapté avec ce qu'il avait
  • Perte des tons : le yoruba est une langue tonale ; l'espagnol non. Les tons — qui en yoruba distinguent les mots — ont survécu en partie dans les mélodies des chants, mais ont disparu de l'écrit
  • Élision des voyelles : les rencontres de voyelles se contractent. C'est pourquoi Ogbè + Ọ̀sá devient Ogbe Sa, et non « Ogbe Osa » (Tratado Enciclopédico, éd. Biblioteca ALABI, p. 803)

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