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Guide17 octobre 2026 · 8 min de lecture

Calendrier des fêtes des orishas : l'année au Brésil et à Cuba

Calendrier des fêtes des orishas : l'année au Brésil et à Cuba

Qui cherche « le calendrier des fêtes des orishas » s'attend en général à un tableau unique, une date par divinité. Les sources dont nous disposons montrent autre chose : au moins deux listes de dates, l'une brésilienne et l'autre cubaine, qui partent du même calendrier catholique et aboutissent à des réponses différentes. Et, en dessous, un troisième calendrier, celui de chaque maison, qu'aucun tableau ne tranche. Ce guide place les deux listes côte à côte, avec les pages, et explique pourquoi la date qui compte est celle du terreiro.

Pourquoi les fêtes tombent un jour de saint

Roger Bastide, dans O Candomblé da Bahia (1961), part du choc entre deux calendriers. Celui des Africains se heurtait au calendrier catholique, imposé par le maître à l'esclave ; pour danser en paix, l'esclave célébrait devant un autel catholique qui lui servait de déguisement, et chaque divinité yoruba finit par être liée à un saint, sa fête étant reportée au jour de celui-ci (Bastide, pp. 103–104). C'est de là que naît ce qu'il appelle le « calendrier ordinaire, mais africanisé ». Nous avons traité le syncrétisme lui-même dans un autre texte, Le syncrétisme afro-brésilien ; ce qui nous intéresse ici, c'est sa conséquence pratique : les dates.

La liste brésilienne de Bastide

La liste que reproduit Bastide compte treize dates (Bastide, p. 104):

DateJour de saintFête
20 janviersaint SébastienObaluaiê (Omolu)
2 févrierPurificationOxum et Iemanjá
23 avrilsaint GeorgesOxóssi
13 juinsaint AntoineOgum
24 juinsaint Jean-BaptisteXangô Afonjá
29 juinsaints Pierre et PaulOrixá-la (Oxalá)
26 juilletsainte AnneNanã
24 aoûtsaint BarthélemyOxumarê
27 septembresaints Côme et Damienles Jumeaux (Ibeji)
30 septembresaint JérômeXangô
2 novembrejour des Mortsles Eguns
4 décembresainte BarbeIansã
8 décembreImmaculée ConceptionOxum ou Iemanjá

Juste après le tableau vient la réserve qui se perd presque toujours quand on le recopie : selon Bastide, cette liste vaut davantage pour les Yoruba du Pernambouc que pour ceux de Bahia, où on la trouve surtout dans les candomblés de nation bantoue (Bastide, pp. 104–105). Dans une note, il recense d'autres calendriers de maisons de Recife, tous différents les uns des autres, et un épisode révélateur : quand le Service d'hygiène mentale voulut limiter les fêtes à dix-huit jours fixes, les babalorixás protestèrent, et l'accord final garda le plafond de dix-huit tout en laissant chaque maison libre de les répartir dans l'année (p. 105).

À Bahia, chaque terreiro a son propre temps

Pour les candomblés ketu, ijexá et nagô de Bahia, Bastide est catégorique : les maisons étant autonomes, il y a autant de temps sacrés que de terreiros, et chacun s'ouvre une fois par an pour célébrer tous les orishas (p. 105). Il ajoute que les grandes fêtes du Nigeria se concentrent en mai et juin, au début des pluies, et que dans la plupart des candomblés elles sont passées à la période de septembre à décembre, le début de l'été de l'autre côté de l'équateur (p. 106).

Les exemples qu'il donne montrent la variation. Le Gantois tenait sa saison à la fin de septembre, ouverte par le lavage et close par la cérémonie du baiani, le plus près possible du 30 septembre, jour de saint Jérôme (pp. 106–107). Dans un candomblé d'Ogum, les fêtes allaient de la deuxième semaine de septembre à la première de décembre, le dimanche seulement ; dans la maison d'Oxumarê, elles avaient lieu en janvier et au début de février (pp. 107–108). Et une maison en deuil ne fait pas de fête : elle reste fermée un an (p. 108).

L'année s'ouvre avec les eaux d'Oxalá

L'année du candomblé, dit Bastide, ne va pas de janvier à décembre. Elle commence à la fin d'août ou le premier vendredi de septembre, selon le terreiro, et la cérémonie qui l'ouvre portait deux noms anciens : « igname nouvelle » et « eau d'Oxalá » (Bastide, p. 109). Pierre Verger décrit le cycle dans Orixás : dans certains terreiros, surtout ceux d'origine ketu, le voyage d'Oxalufã jusqu'au royaume de Shango et son emprisonnement injuste sont rappelés par trois semaines de fêtes. Un vendredi, les objets sacrés d'Oxalá sortent du peji ; le vendredi suivant viennent les Eaux d'Oxalá, puisées en silence par des personnes vêtues de blanc ; le cycle se clôt un dimanche, avec le Pilon d'Oxaguiã (Verger, Orixás, pp. 105–106).

Verger rattache à ce rite le lavage du sol de la basilique du Senhor do Bonfim, le jeudi qui précède le dimanche du Bonfim, et le qualifie de version syncrétisée des Eaux d'Oxalá (p. 106).

L'année a aussi une pause. Du Carnaval à la fin de la Semaine sainte, dit Bastide, court une période où l'on croit que les orishas sont retournés en Afrique ; les candomblés ferment leurs portes pendant la Semaine sainte, et avant cela on fait le lorogun, l'expulsion provisoire des orishas, vue comme leur départ pour la guerre (Bastide, pp. 113–115).

Deux fêtes datées au Brésil

Deux dates brésiliennes apparaissent chez Verger avec une description propre. Le 2 février, l'offrande à Iemanjá sur la plage de Rio Vermelho, à Salvador, rassemble une foule ; et à Rio de Janeiro, à Santos et à Porto Alegre, la nuit du 31 décembre amène sur les plages des centaines de milliers d'adeptes de l'Umbanda (Verger, Orixás, p. 71). La fête annuelle d'Obaluaiê, l'Olubajé, n'a pas de date chez Verger : il en donne le nom, les plats, et le lundi comme jour de la semaine de l'orisha (p. 80).

La liste cubaine de Brown

Pour Cuba, la liste la plus complète parmi nos sources se trouve chez David H. Brown, Santería Enthroned (2003), dans une annexe de 20 lignes, chacune avec orisha, saint et date (Brown, p. 305). Douze de ces lignes, dans sa graphie :

Orisha (Brown)SaintDate
OyáCandelaria / Santa Teresa2 février
EleguáSan Antonio / El Niño de Atocha13 juin
OchosiSan Norberto16 juin
Naná BurukúNuestra Señora del Carmen16 juin
OgúnSan Pedro29 juin
YemayáVirgen de Regla7 septembre
OchúnCaridad del Cobre8 au 12 septembre
ObataláVirgen de las Mercedes24 septembre
Los IbeyiSantos Cosme y Damián26 septembre
OrulaSan Francisco de Asís4 octobre
ChangóSanta Bárbara4 décembre
Babalú AyéSan Lázaro17 décembre

Deux de ces fêtes sont décrites ailleurs. En 1900, le Cabildo Africano Lucumí célébrait sa patronne, sainte Barbe, le 4 décembre, avec une messe, une procession et un tambour pour Changó (Brown, p. 66) ; et Lydia Cabrera, dans El Monte, écrit que partout à Cuba Changó est fêté officiellement ce jour-là (Cabrera, p. 255). La Vierge de Regla est le cas où les sources ne s'accordent pas sur le jour : Brown donne le 7 septembre (pp. 66 et 305) ; Verger, qui décrit la procession aux tambours batá dans les rues de Regla, donne le 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge (Verger, Orixás, p. 72). Nous indiquons les deux.

Ce qui change d'une rive à l'autre

Les deux tableaux ouverts, les différences sautent aux yeux :

  • 4 décembre, sainte Barbe : Iansã dans la liste de Bastide, Changó dans celle de Brown.
  • 13 juin, saint Antoine : Ogum au Brésil, Eleguá à Cuba.
  • 29 juin, saint Pierre : Oxalá (Orixá-la) dans la liste brésilienne, Ogún dans la cubaine.
  • 2 février : Oxum et Iemanjá au Brésil, Oyá à Cuba.
  • Oshosi : le 23 avril, jour de saint Georges, dans la liste de Bastide ; San Norberto, le 16 juin, dans celle de Brown. Verger confirme le saint cubain et ajoute qu'à Bahia Oxóssi est saint Georges et à Rio de Janeiro, saint Sébastien (Verger, Orixás, p. 51).
  • Les jumeaux : le 27 septembre au Brésil, le 26 à Cuba.

Aucune des deux listes n'est « fausse ». Chacune enregistre la façon dont une tradition a lu le même calendrier catholique, et aucune ne remplace la date de la maison.

Comment utiliser ces listes

Servez-vous-en comme d'une carte, non comme d'un agenda. Si vous voulez assister à la fête d'un orisha, la date qui compte est celle du terreiro ou de la maison que vous fréquentez, et c'est le prêtre responsable qui la donne. Les listes aident à comprendre pourquoi une fête tombe là où elle tombe et pourquoi la même sainte peut appeler des orishas différents des deux côtés de la mer. Pour chaque orisha, la fiche sur /orixas réunit ce que les sources en disent. Pages de Bastide, Brown et Cabrera : numérotation imprimée ; de Verger, Orixás : celles du fichier numérique que nous avons consulté.


Ce que vous venez de lire s'enracine dans les 256 Odus d'Ifá — le corpus que nous étudions verset par verset. Lisez-les comme une contemplation : la véritable divination appartient à la table d'un babalawo consacré.

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Calendrier des fêtesFêtes des orishasSyncrétismeCandombléSanteríaBastideBrownVerger

Sources consultées

  • O Candomblé da Bahia — Roger Bastide, pp. 103–115
  • Santería Enthroned — David H. Brown, pp. 66, 305
  • El Monte — Lydia Cabrera, p. 255
  • Orixás — Pierre Verger, pp. 51, 71–72, 80, 105–106 du fichier numérique
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Qui écrit

  • Pablo de Lima (Awofakan)
  • Thaiana de Lima (Ikofá)

Un couple initié à Ifá dans la lignée cubaine — Regla de Ocha / Ifá.

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